La vie quotidienne

Les journaux français, que l’on consulte sur Internet plus qu’on ne les reçoit ici, n’ont pas manqué de parler longuement des intempéries touchant le sud-ouest, et plusieurs de mes amis témoignent que ce temps pluvieux persiste largement en France. Déjà, il y a vingt-cinq ans, lors de mon premier séjour à Jérusalem, j’avais l’habitude de dire : « c’est une ville où l’on bénéficie de 9 mois de soleil ». Je ne sais pas ce qu’il en sera cette année, mais c’est pas trop mal parti : nous avons connu, il y a une quinzaine de jours, un épisode pluvieux, mais le beau temps doux et sec est bien là actuellement. C’est sans doute plus agréable pour le moral des ménages, comme pour celui des religieux !

Les innombrables groupes de pèlerins qui se sont précipités cette année en Terre Sainte profitent pleinement de la clémence du temps, et, bien sûr, des magnifiques paysages qu’offre le pays. Moins sans doute dans les espaces les plus touristiques, de plus en plus urbanisés et très envahis, que dans des régions plus reculées comme les déserts. De l’avis de tous les frères ici, on n’a jamais vu autant de monde. Et cela se voit aussi au couvent Saint-Étienne/École biblique, où nous accueillons plusieurs de ces groupes.

En tant que directeur, il m’est fréquemment demandé de participer à cet accueil : il s’agit moins de parler du site, encore que l’église, le jardin, et certaines salles ont de l’allure et quelque ancienneté, mais plutôt de l’École, de sa vie passée et de ses projets actuels, par exemple la Bible en ses Traditions. Je vous en ai sans doute déjà parlé, c’est une nouvelle traduction de la Bible qui sera accompagnée non seulement de notes archéologiques ou historiques, prenant en compte l’amont du texte, mais aussi de commentaires provenant de diverses sources (patristique, juive etc.), de références à des oeuvres d’art et à bien d’autres traditions encore : autrement dit, on prendra en compte l’aval du texte.

A part cela, je joue toujours mon rôle de « représentant » : ce samedi matin, les franciscains (puissance religieuse de Terre Sainte) invitaient à leur « Dies Academicus », autrement dit la Journée de rentrée de leur faculté. Topo d’une heure en italien sur la foi chez saint François : j’avoue avoir assez vite décroché, n’étant pas un spécialiste de la langue. Comme on est pris en photos de toute part, et même en film, il faut essayer de ne pas bailler, et encore moins s’endormir, en tout cas le faire le cas échéant très discrètement. Surtout, comme c’est mon cas, quand on est au premier rang ex officio ! Il devrait y avoir des photos de cette journée bientôt sur le site www.custodia.org

J’avoue avoir préféré écouter hier soir dans nos locaux Alexandre Jollien, un jeune homme handicapé suisse, qui est devenu un grand connaisseur de la philosophie, et qui a maintenant publié plusieurs ouvrages dont un best-seller, « L’éloge de la faiblesse » (www.alexandre-jollien.ch). Il est devenu un ami de notre couvent, et s’y rend régulièrement quand il n’est pas invité à faire des conférences à d’autres bouts du monde. Les activités culturelles telle celle dont je parle sont organisés par les services ad hoc du consulat de France, très actifs.

Bon, tout cela occupe une partie du temps, mais il en reste pas mal pour travailler pour soi, ou pour d’autres en préparant telle ou telle intervention. Ou pour s’informer de ce qui se passe autour de soi, et, malheureusement, c’est toujours l’activité imbécile des colons qui fait la une : un ami franciscain, qui fut mon étudiant à Toulouse, et qui vient de passer un mois à Hébron comme volontaire dans un mouvement chrétien non-violent, a désormais pas mal d’histoires bien tristes à raconter. Il le fera en particulier dans un prochain numéro (sous presse) de la revue de la Custodie, « La Terre Sainte » : j’en ai eu la primeur, et cela vaut la peine d’être lu.

Allez, je vais vous laisser mais, avant de conclure, une petite pensée pour Haïti, pays sans cesse éprouvé où j’ai passé, vous le savez, six mois qui m’ont marqué : une école vient de s’effondrer, tuant plus de 80 enfants et en blessant une centaine d’autres : c’est à Port-au-Prince, dans la banlieue de Pétion Ville, tout près de l’endroit où j’ai vécu.

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