Les petites mains de la paix

C’est vrai partout, quels que soient les lieux et les communautés. Il y a ceux que l’on voit, ou que l’on entend, et ils jouent un rôle important, ils font connaître, un peu comme des publicitaires : ils sont en quelque sorte les garde-champêtres des temps anciens, pour ceux qui les ont connus, avec leurs roulements de tambour et leurs grosses voix. Et puis il y a tous les autres, ceux qui travaillent dans l’ombre, ceux qui préparent les plats sans que jamais leur nom ne soit cité, sans que leur voix ne soit connue. Eux aussi jouent un rôle important. Que serait un orchestre sans son chef, mais que serait aussi un chef sans son orchestre ?

En Terre Sainte, il y a, chacun le sait, la guerre, terrible, douloureuse, qui se réveille ou que l’on réveille régulièrement, et dont tous les journaux parlent. Avec ses partis et ses leaders. Mais il y a aussi la paix, en tout cas ceux qui y travaillent et qui font souvent beaucoup moins de bruit. J’ai déjà nommé, au tout début de ce blog, le 13 octobre, Taybeh et son curé ; comment ne pas évoquer aussi l’entreprise passionnante et harassante conduite depuis déjà  plusieurs années par notre ami Jean-Yves Labat de Rossi ? Depuis 2003, il a entrepris de faire chanter dans un même spectacle, et souvent ensemble, des chrétiens, des juifs et des musulmans. Le spectacle et le CD, intitulésD’une seule voix, ont donné naissance à une tournée dans 14 villes de France en 2006. Au début de cette année 2009, malgré la guerre de Gaza, malgré les problèmes de santé qui le touchent, nous avons revu chez nous pendant 15 jours Jean-Yves, désireux de monter un nouveau spectacle.

Hier, notre communauté religieuse dominicaine recevait trois membres de la communauté lassalienne, celle qui a fondé en 1973 l’université de Bethléhem ; ils étaient accompagnés d’un jeune palestinien, représentant les étudiants. Dans cette université catholique, qui grandit régulièrement et approche maintenant les 3.000 étudiants, il y a seulement 1/4 d’étudiants catholiques, le reste étant musulman ; et aussi 2/3 de femmes… Même s’ils sont soutenus localement et internationalement, il est facile de comprendre, compte tenu du contexte politique, des difficultés de circulation, que nos frères lassaliens ne jouent pas sur du velours. Mais ils pensent avec raison qu’un projet d’éducation comme le leur constitue un apport important pour la paix.

J’espère que notre couvent Saint-Étienne avec son église, que notre École biblique et archéologique française de Jérusalem avec ses enseignants et sa bibliothèque au renom international, qui sont des lieux où se croisent différentes sensibilités et différentes religions au travers de la prière ou de l’étude, forment aussi quelques-unes des petites mains de la paix.

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