Superposition

Il y a eu le voyage du Pape, et cette première soirée à Jérusalem, consacrée à une rencontre inter-religieuse à Notre-Dame : avaient été conviées des personnes de toutes religions, et l’on espérait beaucoup de cette rencontre. J’étais là dans l’assemblée. Mais de rencontre, il n’y eût guère : le pape est apparu très fatigué, lisant d’une voix monocorde un discours sans aspérités ; on sait en outre qu’un représentant musulman s’est emparé du micro de manière impromptue et violente pour clamer la colère de ses correligionnaires.

Quinze jours plus tard à peu près, ce fut aussi une sorte de rencontre inter-religieuse, mais avec un tout autre format. Notre ami Jean-Yves Labat de Rossi avait convié tous ceux qui l’avaient aidé à monter la fameuse tournée française « D’une seule voix » en 2006 : celle-ci avait rassemblé des musiciens de plusieurs confessions et nationalités, pour des concerts de grande classe. Une centaine d’artistes avaient sillonné la France et donné des concerts dans une quinzaine de villes. Il s’agissait maintenant à Jérusalem de présenter, comme une sorte d’hommage et de remerciement, le film plusieurs fois primé de cette tournée, film qui devrait sortir en salles en France en novembre. Jean-Yves, qui ne doute de rien, est revenu ces temps-ci, malgré Gaza et ses suites, pour tenter de renouer les fils et de monter cette fois-ci une tournée européenne…

Les deux rencontres dont je viens de parler ont eu lieu dans le même amphi, avec des gens de toutes confessions dans les deux cas : la « superposition » est nettement à l’avantage de la deuxième. Là, l’ambiance était détendue, les gens étaient émus, tous se disaient plus ou moins confusément : « il doit y avoir quelque chose à faire, du type de ce que propose Jean-Yves ou d’un autre type ». Il faut dire que, lors de la deuxième rencontre, il n’y avait à l’entrée de l’amphi aucun système policier, aucune mesure de sécurité particulière. Sans doute faut-il dire aussi que ceux qui étaient là n’étaient pas venus pour juger une personne ou un projet, mais pour soutenir une action étonnante qui, sans ce soutien, s’arrêterait.

Merci à Jean-Yves de ressusciter de la sorte l’espoir.

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