Maturité de sainte Thérèse de Lisieux

Lorsque certains de mes amis ont appris que je devais partir en Terre Sainte, ils ont souhaité me faire un cadeau : je leur ai proposé de m’offrir les oeuvres complètes de Sainte Thérèse de Lisieux, dans l’édition du Centenaire, un bel ensemble de 8 volumes. Qui m’a donc accompagné jusqu’à Jérusalem, ce dont je ne cesse de me féliciter et ce pourquoi je remercie particulièrement les donateurs : les oeuvres de Thérèse font partie des ouvrages que l’on trouve difficilement dans la bibliothèque de l’École biblique, sans doute parce qu’ils ne paraissent pas d’un intérêt primordial pour l’exégèse. D’un certain côté, c’est sans doute vrai ; reste que le lecteur de Thérèse ne peut qu’être confondu par la connaissance étendue de l’Écriture qu’avait notre chère carmélite, dans un contexte historique pas trop favorable à ce genre de lectures, et surtout par la compréhension intime qu’elle en manifeste.

Mais ce qui ne cesse surtout de m’étonner en parcourant sa vie, sa correspondance ou ses poèmes, c’est la maturité extraordinaire de cette jeune fille si… jeune. Bien sûr, tout n’est pas chef d’oeuvre, par exemple dans les poèmes, mais quand même, il n’y a pas à rougir, bien au contraire, d’être l’auteur à 21 ans du fameux « Rien que pour aujourd’hui »  dont voici les premiers versets  :

Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère
Ma vie n’est qu’un seul jour qui m’échappe et qui fuit
Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t’aimer sur la terre
Je n’ai rien qu’aujourd’hui !…

Et le final :

Je volerai bientôt, pour dire tes louanges
Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui
Alors je chanterai sur la lyre des Anges
L’Éternel Aujourd’hui !…

J’espère que le lecteur aura envie de lire le reste, que l’on peut trouver sur Internet. Mais pourquoi parler de Thérèse sur ce blog ? Parce qu’elle me fait mieux comprendre ce que peut vouloir dire l’auteur du psaume 127 :

Si le Seigneur ne bâtit la maison, 
en vain peinent les bâtisseurs.

L’étude, la vie fraternelle, la charité à l’égard du prochain, le discernement, la qualité du jugement, bien d’autres choses encore, en somme tout ce qui fait nos existences, sont des apprentissages qui sont souvent pour chacun de nous longs et difficiles ; mais pour celui ou celle qui accueille complètement le Seigneur Jésus dans sa vie, Thérèse atteste qu’ils ne sont plus hors de portée ; et la valeur n’attend plus en ce cas le nombre des années.

J’écris ce billet le 1er janvier de l’année 2010 : puisse le lecteur de ce blog être aussi habité par le Seigneur que le fut Thérèse, et produire ainsi de grandes choses pour ceux qui l’entourent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.