François, pape

François, pape

François, pape

Lorsque le choix des cardinaux réunis en conclave a été annoncé tout à l’heure par le cardinal Tauran, j’ai eu intérieurement la réaction que beaucoup ont dû avoir, en particulier parmi les français : « Un inconnu de 76 ans, qui prend le nom d’un roi de France » (parce que sur le coup, on nous a dit qu’il s’agirait de François Ier, alors que le curie romaine devait préciser un peu plus tard qu’il s’appellerait François tout court). Je savais ma réaction très première et ridicule, ne serait-ce bien sûr que du fait que le nom avait été choisi forcément en référence à saint François, dont il se proposait, lui le jésuite, d’être un disciple : chacun sait que cela veut dire, entre autres choses, liberté et pauvreté.

Depuis l’annonce, j’ai parcouru quelques sites pour me documenter sur la personnalité du nouveau pape, et je suis convaincu que ce choix correspond bien aux nécessités de l’heure pour l’Eglise et que François va en surprendre plus d’un dans les années à venir pour plusieurs raisons :

  1. Si ses ancêtres étaient italiens (de quoi apaiser quelques susceptibilités), il est bien argentin, autrement dit issu d’un continent qui est aujourd’hui le plus gros continent catholique.
  2. Ce n’est pas seulement un jésuite parmi d’autres, mais une personnalité du monde jésuite dans lequel il a assumé plusieurs lourdes charges, en terminant par celle de provincial. Autrement dit, son expérience de gouvernement est incontestable, avant même qu’il soit évêque.
  3. Il a choisi de s’appeler François, et je viens de dire qu’il voulait sans doute essayer d’incarner ce saint pour le monde d’aujourd’hui. Mais en réalité, il semble l’avoir déjà fait de longue date à Buenos-Aires : autrement dit, il ne fait pas une mue pour des raisons politiques circonstancielles.
  4. Dans son premier discours prononcé depuis la logia, un fait frappe que n’ont pas relevé encore les commentateurs : il n’y est pas question du « pape », mais de « l’évêque de Rome » et du diocèse de Rome. Quand on sait que le pape est souvent qualifié de primus inter pares (le premier parmi ses pairs), il me semble évident qu’alors que l’accent portait toujours traditionnellement sur le primus, il a voulu cette fois le déplacer vers inter pares. L’intention oecuménique est patente, mais l’humilité ne l’est pas moins;

Enfin et surtout, dans ce que je viens de voir et d’entendre, j’ai été frappé par un geste : avant de bénir la foule rassemblée sur la place saint Pierre, il a demandé à celle-ci de le bénir, et s’est incliné profondément dans le silence pour cela. Avez-vous déjà vu un tel geste de la part d’un Pape ? Si, comme les commentateurs se plaisaient à le rappeler, les premiers gestes et les premières paroles d’un pape nouvellement élu sont tout à fait significatifs de ce que sera son pontificat, alors nous avons toutes raisons d’être pleinement confiants dans le pontificat à venir de François.

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