Optimiste ou rempli d’espérance ?

J’écris ce billet à l’aube de 2014, et déjà, comme il en fut tout au long de l’année 2013, les informations concernant tueries, assassinats, guerres larvées ou en cours, se multiplient. La seule bonne nouvelle paraît être la libération du Père Georges Vandenbeusch. Dans un tel contexte, peut-on encore être optimiste ?

Optimiste, je ne sais pas, il s’agit là surtout d’un trait de caractère, qui permet à certains de voir le verre à moitié plein quand d’autres le voient à moitié vide. Mais rempli d’espérance, oui, certainement. Non pas justement à cause de ce qu’on entend ou voit, mais de ce qui vient de nous être rappelé, de ce que nous savons et avons célébré, en l’occurrence la naissance du Fils de Dieu en notre monde : elle ouvre un chemin, nourrit notre espérance. Cette espérance n’a donc rien d’un trait de caractère, elle est un don qui est proposé à chacun de nous. Elle ne se renforce ou ne se détruit par aucune statistique, mais seulement en fonction du crédit que nous faisons à cette naissance, autrement dit de notre foi.

Bien sûr, certains diront que cette foi a besoin d’un support, que l’actualité ne vient pas la renforcer. Pas si sûr ! D’abord parce qu’il se passe beaucoup de choses dans le secret de notre monde et des personnes, des choses qui ne font pas les gros titres de l’actualité, mais la  suscitent et l’orientent quand même : la naissance de Jésus à Bethléem n’a pas provoqué la curiosité des tabloïds de l’époque, et pourtant, elle s’est révélée déterminante pour la vie du monde. Ouvrons les yeux du cœur et nous verrons sans doute autour de nous bien des raisons de nous réjouir, et de rendre grâces à Dieu.

On m’a transmis récemment un dessin humoristique qui décrit bien notre monde occidental, et que je ne peux reproduire pour des questions de droits : on y voit des foules se croiser en hâte, les bras chargés de cadeaux de Noël ou de biens de toutes sortes, et former une barrière infranchissable devant Joseph et Marie,  arrivant avec leur âne au terme de leur voyage pour le recensement. Ce dessin veut bien sûr montrer que l’on fait la fête sans plus savoir et célébrer ce qui la motive, mais j’y lis autre chose encore :  cette incapacité de la foule, autrement dit de chacun de nous lorsque nous bêlons avec elle, à voir et comprendre ce qui compte vraiment, le petit, l’humble, Joseph, Marie et leur âne, ou ceux qui les représentent aujourd’hui. Eux qui font ou feront bouger le monde.

Une deuxième raison d’être « espérant », beaucoup plus qu’optimiste, est que ce que nous constatons ou pensons que les autres ne font pas, il est nous est toujours loisible de le faire nous-mêmes pour eux ou pour d’autres : des visites de réconfort, un soutien mutuel, un partage, etc.

Et cela sera peut-être alors, pour d’autres que nous, le signe que quelque chose de nouveau et de chaleureux a bien eu lieu en cette année 2014, quelque chose qui nourrira leur espérance d’un monde meilleur.

5 commentaires


  1. Très bon texte de méditation pour chacun de nous en ce début d’année nouvelle. Merci

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  2. Merci Hervé pour ton éclairage qui invite à pousser nos murs !

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  3. J’ai apprécié ce commentaire mais je ne crois pas vraiment qu’existe à ce point « NOTRE monde occidental » ,quand on observe la vie de son quartier au quotidien, mais bien un village mondial.
    Témoin cette petite histoire :
    A la caisse d’ED, aujourd’hui, discutaient le surveillant malien et un client tunisien (ils se sont présentés comme tels l’un à l’autre), sous le regard amusé du caissier. Le premier : « chez nous, beaucoup ont 4 femmes, le mieux c’est le deuxième bureau ».
    Le second, assez sérieux : « En France, c’est complètement interdit par la loi. »
    Le premier, avec un large sourire : « Il suffit de contourner la loi ».
    Moi (pensant à divers débats récents, et surtout des histoires récentes d’accouchements avec utilisation de la carte vitale de l’épouse, alors que la femme concernée n’est que de passage pour accoucher): « cela n’est pas forcément du goût de tout le monde que la loi soit contournée ».
    Le second : « chez nous, en Tunisie, on n’a qu’une femme, c’est aussi la religion. »
    Le premier : « tu es chrétien, ou quoi ? »
    Le caissier, vaguement inquiet : »ce n’est pas une question de religion, pas plus en France qu’ailleurs ».
    Le second : »Mon unique femme, de toutes façons, c’est déjà bien assez pour moi ».
    Le premier, en riant: « il faut dire que les Français, ils ont souvent une femme et une maîtresse, cela revient au même. »
    Moi : « Et n’est-ce pas aussi vrai pour les femmes ? Parce que là, je vous entends parler de votre point de vue d’homme, mais dans l’autre sens, cela vous arrive de vous psoer la question? »
    Je paie. Alors que je vais partir, le caissier s’excuse auprès de moi de la conversation, et les hommes et femmes qui faisaient la queue derrière, avec des visages fermés et sinistres.
    Moi : « Au moins, vous avez un mérite, c’est que vous échangez dans la bonne humeur et c’est plaisant. »
    En fait, ce qui m’avait aussi plu est que le client tunisien, voyant que j’étais chargée, ait proposé que je passe devant lui à la caisse. Au rythme où vont les choses, dans quelques années, comme je serai dramatiquement très très égale de l’homme, ce genre de proposition -je l’ai déclinée, car pas pressée- ne m’arrivera plus.
    Donc sans vouloir enlever au terme « espérance » toute sa théologique saveur, je l’associerais à celui, plus trivial, de « bonne humeur ». Je ne suis pas sûre que « NOTRE monde occidental » soit suffisamment porteur de cette bonne humeur qui transparaissait à la caisse d’ED, là où se rencontrent ceux et celles qui cherchent à payer le moins cher possible la nourriture quotidienne de leur famille.
    Cadeaux ou pas cadeaux, le problème n’est pas là. Les cadeaux donnent du travail à des gens; si les riches dépensent, c’est tb disait l’abbé Pierre.
    Bon, tout cela, dans l’amitié, pour apporter du débat…

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  4. Très belle invitation, merci Hervé! Mais pourquoi toujours voir comme un mal les cadeaux et la consommation? Préférerions-nous que personne ne fête rien comme les Témoins de J? Offrir des cadeaux aux enfants ou à ses proches, n’est-ce pas des preuves d’affection ?

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    1. Sans aucun doute, mais le dessin dont je parle ne mettait pas en cause les cadeaux (cf. la fin de la réaction précédente par Blandine), mais le fait que le lien ne se fait plus entre les cadeaux et la naissance de Jésus, et tout spécialement l’adoration des Mages qui viennent déposer l’or, l’encens et la myrrhe.

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