N’ayez pas peur !

Sans peurLa recommandation « n’ayez pas peur » revient à plusieurs reprises dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, au point peut-être de nous paraître banale. C’est Joseph face à ses frères lorsqu’ils ne le reconnaissent pas (Genèse 43,23), c’est Moïse tentant de rassurer les Israélites lorsque leurs frères retournent de l’exploration d’un pays encore inconnu (Nombres 14,9), c’est Jérémie qui invite à négliger les idoles (Jérémie 10,5), et c’est bien sûr Jésus face à ses disciples lorsqu’il leur apparaît marchant sur les eaux (Matthieu 14,27) ou au sortir de la Transfiguration (Matthieu 17,7).

Les commentateurs ont l’habitude de distinguer la peur, cet inhibiteur, de la crainte (révérentielle) de Dieu, qui invite elle à l’adoration. Mais dans tous les cas qui viennent d’être évoqués, y compris à propos de la Transfiguration, il est facile de se rendre compte que nos textes parlent bien de la peur, omniprésente et qui cherche par tous les moyens à régir nos vies. Une peur qui est la meilleure alliée de tous les tyrans de la terre, lesquels tremblent dès qu’elle perd de son emprise sur leurs sujets. Mais la dépasser n’est pas une mince affaire, les martyrs en savent quelque chose.

Dans le livre de la Genèse, au cours du fameux récit du péché d’Adam, la peur apparaît soudainement : « J’ai eu peur et je me suis caché » (Genèse 3,10). C’est Adam qui parle à Dieu et qui révèle l’origine secrète de toute peur : la distance vis-à-vis de Dieu et de sa parole. Avant le péché, dans la condition originelle de l’homme, Dieu parle à l’homme et lui donne un commandement (Genèse 2,16) sans que celui-ci n’en conçoive aucune peur ; et plus tard, après le péché, celui qui se confie en Dieu, autrement dit qui s’en remet pleinement à lui, est exonéré de toute peur (Proverbes 29,25; Psaume 9,11 ; 21,8…) : cette confiance radicale, absolue, a toujours représenté la force des martyrs.

Foi et force vont toujours de pair, parce que la foi bannit la peur : « Si vous ne croyez pas, vous ne vous maintiendrez pas » (Isaïe 7,9). En ce moment où les tentacules de la peur saisissent notre monde, s’étendent partout avec le concours des extrémistes de tous bords, nous avons plus que jamais besoin de nous appuyer sur la foi au Dieu de paix et d’amour, qui ressuscite le Christ d’entre les morts et bannit toute peur.

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