guerre et paix

La guerre n’est jamais propre !

Ce dimanche de Pâques, la guerre toucherait-elle à sa fin en Syrie ? Les journaux nous annoncent l’évacuation des derniers « rebelles » de la Ghouta, un quartier de Damas. Combien de morts et de blessés a-t-on pu compter avant que le régime de Bachar El Aassad ne reconquière ce quartier ? Nous ne le saurons sans doute jamais, plusieurs milliers sans doute, qui s’ajoutent aux morts et blessés de toutes ces villes de Syrie, anciennement conquises par l’EI : 350.000 morts, dit-on… Sans compter les blessés, les déplacés, les exilés… Et des villes prestigieuses entièrement détruites ou presque ! Et je ne parle pas de l’Irak.

Si dans nos pays occidentaux, on s’effarouche, il semble que nos « amis » russes ou iraniens, tous ceux qui sont venus en aide au régime syrien officiel, n’ont pas la même pudeur : pour eux, la guerre, c’est la guerre, et, chacun le sait, « on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs ». A vrai dire, même dans nos pays occidentaux, on l’a toujours su, et on le sait encore : je ne parle même pas de Verdun et de sa boucherie, mais à la vérité, les bombes qui tombaient du ciel en Normandie pendant la seconde guerre mondiale ne choisissaient pas leurs morts et leurs blessés ! La guerre est une horreur absolue, qui tue sans discriminer. Il existe peut-être des guerres justes, mais il n’existe pas de guerre propre, et ceux qui prétendent le contraire ne gagneront jamais la leur ! Gagner une guerre demande une froide, très froide détermination. Ce qui suppose à l’évidence que l’on soit sûr de sa légitimité à la mener, que cette légitimité soit économique, politique, historique ou autre…

C’est ici bien sûr que le thème de la « guerre juste », que j’évoquais en passant, intervient : pour qu’elle puisse apparaître juste, une guerre devra avoir une légitimité. En vérité, sur ce thème de la légitimité, le bât blesse dans les pays occidentaux et dans notre cher pays de France : faute de consensus national, faute de se situer clairement sur l’échiquier politique, économique, voire spirituel, international, nos engagements ne se font qu’à la marge, ils sont peu soutenus au niveau national et immédiatement sujets à critiques de tous bords. Sans compter que, même en étant un producteur reconnu d’armements, notre pays ne dispose pas ou plus des moyens techniques et économiques qui lui permettent de faire face à des guerres d’envergure, durables, coûteuses : les guerres ont changé d’échelle. J’admire nos militaires qui tentent de faire face dans ces conditions dégradées. Si bien que l’on rencontre maintenant la figure du héros sur le théâtre national, dans le fait de donner sa vie plutôt que de se battre et de l’emporter : encore que je crois sincèrement que le colonel Beltrame, à qui je fais implicitement référence, l’a emporté d’une certaine manière sur son assassin djihadiste… Grand respect pour lui.

Je n’aime pas la guerre, je la hais absolument et résolument ! Je souhaite de tout mon cœur qu’en toutes circonstances, on éduque et trouve les moyens du dialogue et de la paix, en particulier celui de la prière pour ses amis comme pour ses ennemis, quitte à perdre de sa superbe et en concevoir de l’humiliation. Jésus, mon Seigneur et mon maître, est à cet égard un modèle et un chemin, et je souhaite que l’on mette nos pas dans les siens. Mais ne rêvons pas : s’il faut en passer par la guerre, ce qu’à Dieu ne plaise, elle ne sera jamais propre ; et si l’on désire la gagner, mieux vaut être déterminé et uni sur un ou des objectifs précis.

 

 

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