Le témoignage de Lionel qui a eu recours à la GPA

« On l’a fait en Ukraine et ça nous a coûté 80.000 euros »…

Gros titre sur RMC pour l’émission « Les Grandes gueules ». Et grand malaise ce 16 septembre pour le lecteur que je suis. Il n’est pas question pour moi de mettre en cause la souffrance des parents qui s’expriment là, moins encore de la nier.

Mais comment ne pas penser à tous ces couples infertiles qui trouvent d’autres moyens pour vivre leur fécondité ? Comment s’étonner que l’adoption ne soit pas considérée ? Et surtout, comment ne pas évoquer la mère porteuse ???

Je sais que l’on assure aujourd’hui qu’il n’est pas question de « légaliser » la GPA en France. De la même façon sans aucun doute que beaucoup assuraient il y a quelques années que l’extension de la PMA ne serait jamais à l’ordre du jour ! La GPA ne se fait-elle pas déjà à l’étranger, en Ukraine par exemple pour prendre l’exemple évoqué au début de ce billet ?

Alors, pour la faire accepter, on parlera, comme on le fait déjà, de GPA « éthique » : un célèbre acteur du monde médiatique le prétend haut et fort, qui s’est tourné je crois vers les Etats-Unis…

Mais comment pourra-t-on jamais considérer comme éthique un marché qui consiste à « louer », et donc à s’approprier fût-ce de manière provisoire, le corps d’une femme ? Je ne peux que renvoyer au livre de Marianne Durano, « Mon corps ne vous appartient pas », qui, avec beaucoup d’autres, s’est élevée contre les profits qu’en tirent certains acteurs économiques, et plus foncièrement contre la marchandisation des corps.

Car il ne s’agit pas d’autre chose !

P. S. Important discours ce lundi 16 septembre aux Bernardins de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, dont voici un extrait : « Nous disons que nos sociétés se trompent collectivement lorsqu’elles prétendent résoudre les souffrances des uns et des autres par des techniques médicales et juridiques, et lorsqu’elles transforment la médecine qui est faite pour soigner et guérir autant que c’est possible en une institution chargée de répondre aux demandes et aux frustrations ».

Point repris d’emblée par l’intervenant suivant, Mgr Aupetit : « La position soignante du médecin s’estompe pour devenir celle d’un prestataire de services ‘Je paye, donc j’ai droit’ (…) Le médecin se met en dépendance du marché de la procréation où priment des intérêts financiers et la volonté toute-puissante des adultes pour lesquels l’enfant désiré est réduit à l’état de produit ».

Il vaut le coup d’écouter l’ensemble des interventions. On peut lire aussi l’article percutant du Figaro écrit en janvier 2018 contre la PMA et la GPA par trois homosexuels : il répond à tous les arguments pro-PMA ou pro-GPA..

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