Du « toujours plus » au « toujours mieux »

Prédication prononcée le lundi 13 juillet chez les sœurs dominicaines de Beaufort. Les textes sont : Is 1,10-17 et Mt 10,3 – 11,1.

Mes sœurs, chers amis,

Permettez-moi de vous poser une colle : quel est d’après vous le slogan qui correspond le mieux à notre époque ? Sans doute s’en trouve-t-il plusieurs, mais je vous invite à en choisir un et vous donne cinq secondes pour cela, avec un joker : celui auquel je pense est suggéré par la première lecture. Vous y êtes ?

toujours plus ou toujours mieux

Je vous propose donc de reconnaître la prééminence du « toujours plus », et la parole du prophète Isaïe qui me la suggère est : « que m’importe le nombre de vos sacrifices ». Oui, toujours plus de sacrifices, toujours plus d’argent, toujours plus de biens, toujours plus de retour sur investissements, toujours plus de « followers », et j’en passe. Tout n’est pas faux dans ce toujours plus, je vais le dire tout à l’heure, mais il est le plus souvent limité et vain. Il nous propose une vision horizontale des choses, de l’ordre de l’accumulation.

Alors, je vous propose de le remplacer par un « toujours mieux ». L’avantage de ce dernier est qu’il nous donne une vision verticale de notre vie, vers l’être et non plus vers l’avoir : aller au plus profond de soi ou nous tourner vers les cieux, et donc vers Jésus. Le toujours mieux ne connaît pas lui de limites.

L’évangile nous avertit toutefois, le toujours mieux pourra nous faire rencontre bien de l’adversité : en nous-mêmes parfois, mais du côté de notre monde, de notre entourage, parfois même de nos familles et de nos amis. En effet, il nous singularise ! Il nous fait aller à contre- courant.

D’ailleurs, me direz-vous, Jésus ne nous propose-t-il pas dans l’évangile un « toujours plus » lorsqu’il nous demande de le préférer à nos parents, à nos enfants ? Mais le toujours plus en question est d’un autre ordre que celui dont je vous parlais tout à l’heure, c’est un toujours plus d’amour : ce toujours plus est différent, il nous conduit en fait vers le « toujours mieux ».

Mes sœurs, chers amis, connaissez-vous la vraie force du toujours mieux ? Si le toujours plus ne peut concerner que quelques-uns, le toujours mieux est disponible pour chacun en tout temps et en tous lieux, quelles que soient les circonstances.

P. S. On m’a fait remarquer, après que cette prédication ait été donnée, qu’elle s’inscrivait pleinement dans le cadre d’une certaine réflexion écologique contemporaine, issue de Laudato SI. Il se trouve que, alors que cette réflexion me touche comme en témoignent plusieurs articles de ce blog, comme en témoigne celui-ci, la prédication en question a été conçue en dehors de ce référentiel.

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