La solidarité est toujours possible

Solidarité ? Un mot exigeant et que l’on préfère souvent réduire à quelques frontières, les plus proches possibles. 

Pourtant, il y a eu, il y a encore, il y aura toujours la question des migrations, qui dépasse les frontières, et que le pape François avait évoquée sur l’île de Lampedusa dès juillet 2013…

Pourtant, il y a eu, il y a encore, il y aura toujours la question des guerres, qui dépassent les frontières et qui jettent des civils, femmes et enfants, sur la route, que ce soit du côté d’Idlib en Syrie, du côté de l’Afrique ou de la Birmanie…

Pourtant, il y a eu, il y a encore, il y aura toujours les variations climatiques qui dépassent les frontières et transforment des zones prospères en déserts….

Pourtant, il y a eu, il y a encore, il y aura toujours maintenant les épidémies, qui nous paraissaient loin et que le Coronavirus vient subitement et fortement rapprocher de nos frontières !

Il est hélas ! très vrai que nous ressentons tous les nombreux effets de la mondialisation qui donne connaissance, provoque désarroi, génère un sentiment d’impuissance, et conduit au repliement plus qu’à la nécessaire solidarité. Le pape François touche juste en évoquant « la mondialisation de l’indifférence ». 

Pouvons-nous nous y résigner ? Ou nous contenter d’une vague émotion qui ne manquera pas de se diluer dans la prochaine information qui nous rejoindra ? Pour un chrétien qui essaie de vivre en vérité le Carême et plus généralement sa vie chrétienne, la solidarité est une exigence incontournable, surtout s’il garde en mémoire certains propos de Jésus :  

 » J’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité. 

Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir ? Alors il leur répondra : En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.  » (Mt 25,42-45)

Solidarité révolutionnaireAlors, solidarité, oui, mais comment la vivre ? S’agit-il de se culpabiliser, de se frapper la poitrine, de dresser quelque barricade, de stigmatiser les politiques qui ne font rien ou les prédateurs financiers qui s’en mettent plein les poches… ? En toute vérité et humilité, ces grandes causes et ces grands envols, pour nécessaires qu’ils soient, ne concernent pas la majorité d’entre nous, faute de disposer de la personnalité comme des moyens humains et financiers nécessaires.

Mais quand la mondialisation n’existait pas encore, ou du moins à l’échelle qu’elle connaît aujourd’hui, quand les existences ne se déployaient que dans des univers réduits, la solidarité existait déjà, on savait bien qu’elle devait s’exercer localement, avec les yeux du cœur grand ouverts sur les pauvretés environnantes : il ne me semble pas que la situation ait vraiment changé aujourd’hui, que cette solidarité-là ait disparu, que son efficacité et donc son importance soient moindres. L’action de Ste Thérèse de Calcutta et de ses sœurs, celle de l’abbé Pierre et ce bien d’autres, n’en témoigne-t-elle pas admirablement ?

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