Les menteurs sont encore en haut du pavé

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Les menteurs osent tout, sans vergogne. Qui ne se souvent d’un François Mitterrand contestant mensongèrement, mais « les yeux dans les yeux », un propos de Jacques Chirac ? Ou plus récemment un ministre, Jérôme Cahuzac, assurant, mensongèrement encore, n’avoir aucun compte en Suisse ? Le mensonge, en politique mais aussi en économie, en information, et finalement en tous domaines, ne s’est semble-t-il jamais aussi bien porté qu’en notre temps. Et les menteurs peuvent continuer de mentir sans qu’il leur en soit tenu compte.

La récente pandémie en a donné plusieurs exemples. Le plus fameux est sans doute celui qui a consisté pour les membres du gouvernement, faute de masques à disposition, à affirmer que ceux-ci n’étaient pas utiles, avant d’adopter un peu plus tard un point de vue exactement inverse et plus en phase avec la véritéSur le plan politique toujours, j’ai quand même été frappé de l’arrivée sur scène de deux ténors, Roselyne Bachelot et Éric Dupont-Moretti, qui avaient pourtant juré devant un large auditoire que jamais, ou jamais plus dans le cas de Mme Bachelot, ils ne répondraient aux sirènes du pouvoir.

Mais j’en vois surtout des exemples en ce moment dans le domaine de la bioéthique. Ainsi, les tenants de la loi, telle qu’elle est actuellement proposée, jurent leurs grands dieux que la GPA constitue une ligne rouge infranchissable : alors que la PMA, en accordant la possibilité à des couples de femmes d’avoir des enfants à la demande, ne fait que préparer le terrain à une même demande pour les couples d’hommes. D’ailleurs, au cours des débats, M. Dupont-Moretti a fait mine de s’interroger sur la nécessité pour les demandeurs de GPA d’aller à l’étranger…

Je pourrais aligner les exemples, ce serait facile et vain : il semble que la pratique du mensonge soit devenue une seconde nature pour réussir en politique ou dans d’autres domaines, dès lors qu’il existe une dimension publique. Les menteurs tiennent donc le haut du pavé.

Et la question que pose François-Xavier Bellamy sur son blog, réfléchissant en tant que philosophe sur l’engagement et le témoignage, prend tout son sens : « Sur la scène publique aujourd’hui, qui a encore le courage de dire tout ce qu’il pense ? Et, ce qui est peut-être plus difficile encore, qui a assez d’exigence intérieure pour penser vraiment ce qu’il dit ? »

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