Frères et sœurs, vous le savez, quand une personne est proche de sa fin, on dit parfois d’elle qu’elle a « un pied dans la tombe ». Tel est bien le cas d’Etienne dans le livre des Actes dont nous venons de lire un extrait. Mais il ne faut pas oublier un autre trait du récit : Etienne avait aussi « un œil dans le ciel », grâce auquel il voyait la gloire de Dieu. Et ce fut sa force !

Et cet œil-là, il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de nos vies pour l’avoir. Bien au contraire, il constitue le soutien de nos vies. Ce que confirme à sa manière l’évangile lorsque Jésus rappelle à ses disciples qu’ils n’ont pas à s’inquiéter de savoir ce qu’ils diront et comment réagir face aux grands dangers qui les menacent : ils pourront s’inspirer de l’exemple que donnera Etienne en gardant un œil dans le ciel.
Non seulement celui-ci n’a pas craint ses meurtriers, mais il a pu leur pardonner. Non plus avec les mots de Jésus rapportés par Luc dans son évangile « Père, pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,34), mais avec d’autres mots, proches de ceux de Jésus, que le même Luc rapporte dans les Actes des Apôtres : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ». Des mots que l’Esprit-Saint met sur ses lèvres
La ressemblance, évidente, est voulue : le disciple n’est pas au-dessus du maître, il le suit et partage sa vie et son sort. Saint Etienne est un martyr modèle, un autre Christ. Ce que sont ou deviennent, chacun d’une manière différente, tous ceux qui ont un œil dans le ciel et mettent leurs pas dans ceux de Jésus-Christ.
Prédication donnée au couvent de Montpellier sur : Ac 6, 8-10; 7, 54-60 : Mt 10,17-22