
Nous avons fêté le 25 décembre la naissance de Jésus en qui nous, chrétiens, nous reconnaissons le fils de Dieu. Et devant la crèche de notre communauté, je me suis interrogé et extasié devant cette confession de foi.
Assez incroyable en fait, et je comprends qu’elle soit si difficile à reconnaître et célébrer par tant de gens depuis tant de siècles. S’ils sont de bonne volonté, sans doute reconnaîtront-ils l’existence de Dieu, lointain ou même proche, mais de là à y voir le père de ce petit enfant, un bambin dans une mangeoire, il y a plus qu’un pas, un gouffre ! Quoi, le créateur du ciel et de la terre, celui qui gouverne le monde, prendre chair dans une créature ?
Pas facile, certes, à reconnaître dans l’enfant de Bethléem, parce que nous attendons toujours, plus ou moins consciemment, que la puissance se manifeste dans la force. Alors qu’elle se manifeste lorsque cette puissance est délibérément retenue, comme limitée : est-il plus grande limite que la nature humaine par rapport à la nature divine ?
Incroyable, mais vrai ! Cette puissance inouïe et si discrète, les évangélistes, les apôtres, une foule de témoins, l’ont approchée, reconnue, confessée, en Jésus, l’enfant de la mangeoire devenu grand, parcourant les routes de Galilée : dans ses paroles, dans ses actes. Dans sa résurrection, certes, mais même sur sa croix à Jérusalem. Pour le dire crûment, « les témoins n’ont pas été payés pour cela », ils l’ont rencontré, volontairement ou fortuitement, et l’ont confessé comme leur maître et sauveur, jusqu’à ce centurion qui, au pied de la croix, s’écriera : « Vraiment, cet homme était le fils de Dieu » (Mt 27,54).
« Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie; – car la Vie s’est manifestée: nous l’avons vue, nous en rendons témoignage et nous vous annonçons cette Vie éternelle, qui était tournée vers le Père et qui nous est apparue – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous » (1 Jean 1,1-3).
Au seuil de cette année 2025, osons ou renouvelons cette rencontre incroyable, mais vraie !