Signes d’espérance

On connaît cette fameuse phrase de saint Jean-Baptiste qui, confronté à ce qu’on pourrait appeler « la concurrence baptismale » de Jésus, confesse en toute humilité : « il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jean 3,30). Aucune jalousie, au contraire. Hommage à Jésus certes, mais aussi, et on l’oublie trop facilement, effacement accepté du fait d’une solide espérance.

En vérité, un tel effacement, auquel diverses occasions nous invitent tout au long de nos vies, et je pense par exemple à pas mal de situations rencontrées par des parents en face de leurs enfants, n’est jamais facile : il faut souvent marcher sur son orgueil. Ce qui peut rendre la démarche plus facile est de trouver quelques signes d’espérance, nés par exemple des fruits portés par celui, celle, ceux qui grandissent.

Je pensais à cela en considérant la vie de deux de mes neveux, artistes dans des genres différents : le lien ne paraîtra sans doute pas évident à mes lecteurs, surtout que je n’ai pas eu à « diminuer » de leur fait, n’étant pour rien ni dans l’essor de leurs personnalités artistiques ni dans les fruits qu’ils commencent à porter. Le lien que j’établis se trouve ailleurs : je constate simplement cet essor dont je me réjouis, il m’est un signe d’espérance alors que je viens de fêter 64 ans et que, sur bien des points (mais pas tous, que mes lecteurs se rassurent), j’ai l’impression de « diminuer » et de voir le monde faire de même…

jbponsotjpgJean-Baptiste Ponsot se bat depuis des années pour promouvoir son art, et il va proposer au Studio Hébertot à Paris, à partir du 7 novembre, un spectacle intitulé : Ecce Deus, sur un texte de Victor Hugo. Voici ce qu’en dit en ligne mon neveu : « C‘est un voyage dans le monde infini des géants qui ont illuminé la terre depuis Homère jusqu’à Newton.  Et si j’ai pris Victor Hugo pour guide, c’est parce qu’il les dépeint à travers trois valeurs magnifiques qui me semblent être les trois flambeaux dont la nuit de notre époque a besoin : le combat, la création et le possible ».

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« Avantage dehors » © Adrien Boyer

Ces jours-ci, un autre de mes neveux, par alliance celui-ci, Adrien Boyer, se rappelait à mon bon souvenir : lui n’est pas homme de théâtre, mais photographe. Une vocation née sur le tard, mais une réputation grandissante. Appréciant déjà grandement son travail, je l’avais fait travailler à Jérusalem il y a bien des années, lorsque j’étais encore directeur de l’École biblique et archéologique française (1) ; depuis, il a mûri son art et publié un livre magnifique, Paris, l’Esprit des lieux (éd. Terre bleue). Vous pouvez jeter un œil sur son blog, en cliquant plus haut sur son nom, mais je vous signale que la revue Challenges propose en ligne dix planches de très très belle facture tirées de ses travaux.

Le monde tel qu’il va, à travers de multiples signes que nous connaissons trop bien, les conflits et les guerres par exemple, génère beaucoup de pessimisme. Il est heureux que, pour moi régulièrement, fondamentalement certes du fait de la résurrection de Jésus, mais aussi aujourd’hui à partir des petits signes que sont les deux neveux que je viens d’évoquer, il soit donné de ne pas s’arrêter à ce constat mortifère, et de conserver bien des raisons d’espérer. Et je pense que mes lecteurs en trouveront d’autres autour d’eux. Un monde ancien s’en va, un autre monde est en train de naître, et l’art, lorsqu’il touche aux profondeurs de la vie spirituelle, peut en être un des vecteurs.

(1) Son épouse Constance, une graphiste/aquarelliste de talent avec une touche légère et profonde tout à la fois, était aussi à Jérusalem : elle en avait rapporté de très belles esquisses, présentées avec beaucoup d’autres aquarelles sur son blog.

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2 commentaires


  1. Un billet très sympa et touchant Hervé ! Bravo à mes cousins pour tout leur travail artistique au cœur des enjeux de notre société : tisser des liens, porter un message d’espérance et susciter notre réflexion sur la Spritualité et le sens de la Vie…Tout un programme qui me tient à cœur également !

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  2. merci Hervé de ce commentaire qui nous fait connaître de jeunes talents ; j’irai voir la pièce de Jean Baptiste.
    amitiés
    Laurent Dhavernas

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