Les dérives du pouvoir

dérives pouvoirSur les journaux récents, comme sur les réseaux sociaux, sont apparus de multiples échos des « dérives affectives » de certains hommes politiques : et les bonnes âmes de demander la démission des mis en cause, voire leur jugement. Je les rejoins pour une part, mais pour une part seulement : car si l’on espère ainsi mettre un terme définitif à ces dérives, je crois que l’on se trompe. Ma raison est simple : ces dérives font pleinement partie des risques du pouvoir, quel qu’il soit.

En effet, quand quelqu’un se bat « pour en arriver là », comme on dit, il n’y a certes aucune raison de crier au scandale : l’ambition par exemple n’est pas de soi mauvaise. Mais il est vrai que la tentation est immense pour « le puissant » de s’attribuer tous les mérites de la position atteinte, de vouloir en jouir de toutes manières, et de tomber dans tous les travers que cette position a priori permet : comment un chrétien ne penserait-il pas ici aux tentations exemplaires affrontées par le Christ au début de sa vie publique, et dont les évangiles se font l’écho en Mt 4,1-11 et parallèles ? Lui Jésus, dont le pouvoir était pourtant immense, a su repousser les tentations, mais combien vont-ils pouvoir le suivre dans ses renoncements ?

Quel que soit le domaine de son exercice (politique, religieux, économique…), plus le pouvoir est important, plus il risque d’être vécu de manière solitaire, sans garde-fous : comment s’étonner que « le puissant » multiplie les abus ? Chacun d’eux vient en effet renforcer ce sentiment de puissance qui précède et/ou suit l’action délictueuse, et la rend hélas ! encore plus jouissive, sans aucune considération pour ceux qui en pâtissent. Il faut une éthique personnelle forte, et/ou le contrôle de l’entourage pour résister.

C’est sur ce dernier point qu’il faut insister. En effet, il est facile de se dédouaner sur le prédateur, alors qu’il existe très souvent aussi une forte responsabilité de l’entourage plus ou moins proche, qui n’a comme par hasard rien vu ou voulu voir, qui n’imaginait pas que « cela aille jusque là », qui aurait été mis au courant des faits trop tard etc. Oui, le prédateur est lourdement fautif, mais pourquoi s’est-il retrouvé seul dans l’exercice de son pouvoir ?

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