Vers une plus grande sobriété

Dans un article qui vient de paraître dans La Croix-Hebdo, Marie Boëton, décrit son séjour d’une semaine dans une communauté écologique de Loire-Atlantique où la sobriété est de mise. Si le ton est bienveillant, la journaliste ne manque pas de souligner les contradictions criantes qui animent les membres, soucieux de simplicité et de sobriété, mais pourtant obligés de recourir à de nombreuses techniques modernes pour assurer leurs besoins quotidiens. En cela, ils ne sont pas, ou pas encore, de ces fameux Amish d’Amérique du Nord ! 

En lisant cet article, j’avais l’impression de me retrouver dans les années 70, au moment où fleurissaient en France de nombreux mouvements non-violents prônant un retour à la terre, et que les Causses du Larzac ont largement accueillis. La sobriété était là aussi de règle, érigée en objectif premier de la vie. Tous ces mouvements n’ont pas disparu, mais beaucoup de leurs membres se sont tournés vers d’autres horizons ou d’autres formes de contestation.

Sobriété des temps modernesEt je me suis reposé cette question banale : quelle peut donc être la bonne réponse face au désarroi que suscite la société de consommation, face au manque de sens dont les protagonistes de ces mouvements se plaignent, et que tant d’entre nous ressentent ? En fait, il existe sans doute plusieurs réponses, et celle évoquée par notre journaliste en est une, au moins aux yeux de ceux qui la vivent. Je ne peux pourtant m’empêcher de penser que cette sobriété-là représente un retour en arrière, ou un « arrêt sur image », plus que du défrichage d’une nouvelle voie. Et qu’elle risque de se heurter aux mêmes impasses que celles qu’ont connues les mouvements des années 70.

En effet, le développement technologique, si caractéristique de notre société de consommation, est tellement ancré dans notre quotidien qu’il me semble désormais difficile de prétendre s’en abstraire. La réponse serait donc plutôt dans le choix très volontaire d’une meilleure répartition et d’un partage des « biens », inséparable sans doute d’une forme de décroissance personnelle ou collective. 

Pour le religieux que je suis, largement consacré à la lecture et à l’écriture, aux déplacements aujourd’hui limités, qu’ai-je à faire de dizaines de livres que je n’ai pas ouverts depuis des années, de multiples outils technologiques si vite obsolètes, de vêtements amoncelés au fil du temps, de l’usage d’une voiture pour « gagner » une heure quand j’ai toute la vie devant moi et des transports collectifs disponibles, et que sais-je encore ! La solution se trouve clairement dans différentes formes de partage et de redistribution, dans le cadre d’une sobriété retrouvée qui ne manquera pas de me libérer.

Plusieurs de ces formes existent déjà (Blablacar, Halte solidarité, Co-voiturage,  bibliothèques ambulantes, Habitat partagé…) et il s’en crée de nouvelles très régulièrement. Utilisons-les, développons-les. Mais pensons aussi à réduire notre consommation d’eau, d’essence, d’électricité, et même… de nourriture !

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