Jésus, un absent éternellement présent

Prédication du 29 novembre sur Matthieu 13,33-37

Absent de retour
Absent, présent, de retour, toujours là…

Frères et sœurs, Jésus évoque aujourd’hui dans l’évangile un homme parti en voyage, mais censé revenir un jour. Comme il n’est pas difficile de reconnaître dans cet homme Jésus lui-même, certains se demandent ou se demanderont s’il est au moment où je vous parle absent ou présent : car l’attente se fait longue et l’urgence ne diminue pas. N’avez-vous jamais dit ou entendu dire autour de vous : « Vivement la Parousie », autrement dit le retour du Christ ?

Sans doute savons-nous que les temps et les moments ne sont pas de notre ressort : l’évangile de ce jour le souligne à nouveau. Mais même si, selon le psalmiste, « mille ans sont aux yeux de Dieu comme un jour », et que deux mille ans d’histoire ne représentent donc pas grand-chose, on aimerait bien que ce voyage ne dure pas trop longtemps. On aimerait que l’absent se manifeste, surtout lorsque des pandémies s’installent, que des guerres meurtrières se multiplient, que des catastrophes écologiques marquent notre temps. Comment ne pas dire, avec plus de force que les disciples ne l’ont fait au lendemain de la résurrection : « Jésus, quand va donc venir ton royaume ? »

Mais je crois connaître la réponse qui va m’être dite : « C’est déjà fait, il est là ». Homme, j’étais là, comme le rappelle le prophète Isaïe, lorsque je suis descendu du ciel, et venu sur votre terre dans le sein de Marie. Je suis là, comme l’évoquait saint Paul, dans ma parole et la connaissance que celle-ci vous donne de Dieu mon père. Je suis là, encore et toujours par mon Esprit, qui donne la vie, qui vous partage ma vie.

Oui, frères et sœurs, trop souvent nous pensons trouver Jésus et son Royaume là où ils ne sont pas, dans des manifestations spectaculaires, dans des sentiments violents, dans la brillance des richesses. Mais Jésus est présent là où nous ne le cherchons pas suffisamment : dans le silence de la nuit, dans les cœurs qui brûlent et veillent auprès de leurs frères pour leur venir en aide, dans cette vraie charité qui ne fait aucun bruit. Tel est précisément le message que viendra bientôt nous rappeler la mémoire de la naissance de Jésus dans une crèche sombre et froide, dans un endroit perdu qu’on appelle Bethléem de Judée : Jésus et son Royaume sont présents dans toutes les crèches isolées et désolées du monde.

Depuis plus de deux mille ans, après avoir quitté notre terre pour rejoindre son Père, Jésus reste donc éternellement présent, absent de corps mais pas d’Esprit. Discret et pourtant visible aux yeux du cœur. Présent aussi ce soir au milieu de nous : « lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ». Confions-lui tous ceux qui nous entourent, tous ceux qui peinent, tous ceux qui souffrent, nous-mêmes et nos proches aussi, et tous ceux qui ne le connaissent pas encore et attendent, souvent sans le savoir, sa venue.

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