De l’écoute de la Parole

« Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera enlevé » (Mc 4,25, extrait de l’évangile proposé pour le 28 janvier)

Etonnant propos que celui de Jésus dans l’évangile de ce jour : comment peut-on perdre ce que l’on n’a pas ? Mais la chose n’est paradoxale que si l’on considère que ce propos porte sur des éléments matériels, ce qui il est vrai est suggéré par l’emploi du terme mesure.

Parle Seigneur, ton serviteur écoute
L’appel de Samuel (merci à Théobule)

Toutefois, le contexte nous invite à considérer le propos autrement. Il est en effet question de la qualité de l’écoute, et celle-ci porte sur la parole de Dieu. Cette invitation est traditionnelle en judaïsme : pensons à Samuel qui, à la suggestion d’Elie, s’adresse à Dieu lors de son appel avec ces mots « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 S 3,10) ; pensons surtout au célèbre « Ecoute, Israël », de Dt 6,3-4, qui est le début de toute prière juive. Rien d’étonnant donc à ce que cet appel à l’écoute soit plusieurs fois repris par Jésus dans son enseignement (Lc 6,47-49 ; 10,14…)

Le propos en question peut donc s’entendre ainsi : celui qui est tout disposé à écouter la parole de Dieu verra la connaissance de cette parole grandir en lui, alors que celui qui n’y est que peu disposé perdra ce peu de disposition. N’avons-nous jamais fait cette expérience de ne plus être capable, par exemple à la fin d’une messe, de redire ce dont il était question dans l’évangile entendu quelques minutes plus tôt ?

Et le propos rejoint finalement d’autres avertissements évangéliques, par exemple celui du terrain propre à accueillir et faire grandir les semailles : il se trouve dans les versets qui précèdent (Mc 4,1-20).

« Ecoute, Israël » est donc le début de toute prière juive, mais il devrait l’être aussi de toute prière chrétienne.

P. S. La question de la qualité de notre écoute dépasse bien sûr le seul cas de la parole de Dieu. Dans un monde aussi bavard et bruyant que le nôtre, l’écoute devient une gageure, et c’est bien dommage : c’est elle qui fait découvrir, apprendre, progresser….

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