Mettre les périphéries au centre

brebis aux périphéries

Frères et sœurs, même si elle est discutée, je me réjouis de l’invitation que ne cesse de nous adresser le pape François en nous invitant à nous rendre aux périphéries. Cet appel me semble en effet en parfaite consonance avec celui que Jésus rappelle aujourd’hui : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs ». Ou avec le fait qu’il se tourne vers Matthieu pour l’inviter à le suivre. Ou encore avec un autre évangile, que nous avons entendu récemment, celui de la brebis égarée : oui, Jésus est prêt à en laisser 99 sur le carreau pour aller chercher la 100e.

Pour l’avoir entendu à plusieurs reprises, je sais le reproche que l’on adresse à François ou même à Jésus : en se tournant vers les périphéries, ne délaissent-ils pas le troupeau principal ? Mais les membres de ce troupeaux ont l’immense avantage de n’être pas isolés, de pouvoir s’entraider, d’avoir déjà entendu et peut-être assimilé la parole de Dieu, et dans la plupart des cas d’être guidé par d’autres pasteurs que le pasteur principal aura désignés. Alors, que lui manque-t-il sinon l’absence, d’ailleurs momentanée, de son pasteur principal ?

Lequel n’est aucunement oisif, mais travaille à accueillir ou reconquérir de nouveaux membres : en toute vérité, c’est aussi son affaire et sa responsabilité. Au diable le repli sur soi ! D’ailleurs n’est-ce pas en termes de périphéries que l’on peut et doit entendre la fameuse parabole des talents ? Tu m’avais donné cinq, je te les redonne en y ajoutant cinq nouveaux talents : il faut bien aller les chercher quelque part !

Si le troupeau décline, se déchire, ce ne sera pas du fait de l’absence de son pasteur, mais pour ne l’avoir pas écouté, et avoir dévié de la voie qu’il lui avait tracée. Pour avoir choisi de se replier dans de petits calculs, dans un chacun pour soi consistant à exploiter le prochain au lieu d’aller à sa rencontre pour l’accueillir. La première lecture, du livre d’Amos, nous a montré les effets néfastes d’un tel repli, et il est dommage d’en constater, aujourd’hui encore hélas ! la persistance.

A propos de Am 8, 4-6.9-12 et Mt 9,9-13

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