La paix soit avec vous

2e dimanche de Pâques
Homélie donnée chez les moniales dominicaines de Dax
Textes : Ac 5, 12-16 ; Ap 1, 9-11a.12-13.17-19 ; Jn 20, 19-31

Frères et sœurs, l’évangile que nous venons d’entendre n’est pas sans rappeler celui qui nous était proposé jeudi dernier : ce dernier était de la plume de Luc, celui d’aujourd’hui de la plume de Jean. Les deux récits nous rapportent une apparition pascale de Jésus : ils sont si proches qu’ils sont très certainement l’écho du même événement. Celui-ci met en lumière les doutes qui ont pu surgir dans l’entourage des disciples, y compris parmi eux. Mais pas seulement.

En effet, parmi les ressemblances, se trouve cette proclamation de paix : « La paix soit avec vous ». Vous savez sans doute qu’elle peut être considérée comme un simple salut dans la tradition juive, le fameux Shalom, ce qui semble être le cas chez Luc. Mais elle peut vouloir dire beaucoup plus pour Jean, dès lors qu’elle y est répétée trois fois. Comme on voudrait qu’elle nous soit donnée et perceptible aujourd’hui dans le monde entier, surtout au lendemain de Pâques. Mais quelles en sont les conditions ? J’en vois trois.

La première caractéristique de cette paix véritable est qu’elle a pour origine Jésus. Elle est un des fruits de sa victoire sur le péché et la mort. Elle n’est donc pas simplement la conséquence de nos efforts pour éviter les conflits, même si ces efforts ont leur rôle à jouer. Si bien que, si nous souhaitons la donner, il nous faut d’abord nous tourner vers Jésus pour la recevoir.

La deuxième caractéristique se note dans l’insistance de Jésus : cette paix n’est pas reçue immédiatement, les disciples ont du mal à l’accueillir, Thomas le premier. Pour la recevoir, il faut qu’elle trouve une place dans le cœur de chacun des protagonistes. Ainsi accueillie et portée longuement, elle peut ensuite faire son chemin.

La troisième caractéristique est qu’ainsi donnée et reçue, la paix est, comme on le dit de tout bien, « diffusive de soi » : elle agit efficacement et se transmet. Ce qui fait penser à ce que nous rapporte saint Paul de la consolation, une dimension constitutive de la paix. Nous lisons en 2 Co 1 : « Le Dieu de toute consolation nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit ».

Frères et sœurs, la paix est donc une grâce, qui se reçoit, puis se construit et se diffuse avec notre concours. Sans doute nous sentons-nous bien impuissants face à de grandes causes. Mais il n’y a pas de grands et de petits concours, de grande et de petite paix : aussi modeste soit-elle, la vraie paix est toujours un don de Dieu, un fruit de la croix du Christ. Tournons-nous vers Jésus, accueillons sa paix et contribuons à la mettre en œuvre dans toutes les circonstances de notre vie.

 

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