Frères et sœurs, il est un apophtegme qui a la vie dure dans nos communautés religieuses, et sans doute aussi en dehors d’elles : « faire comme on a toujours fait ». On dirait peut-être aussi aujourd’hui : « rester dans sa zone de confort ». La proposition n’est pas toujours la plus mauvaise : elle évite des emballements nuisibles. Mais elle est clairement aussi un frein à toute évolution.
Faire comme on a toujours fait, à l’époque des premiers chrétiens, cela consistait en particulier à tenir à l’écart du salut les païens, à moins bien sûr qu’ils ne se convertissent au judaïsme. Certains de ces païens en furent proches, le Nouveau Testament les appelle des « craignant Dieu ». Mais ils restaient marginalisés du fait de leur incirconcision et semblaient devoir le rester au sein de la nouvelle communauté chrétienne.

Ce qui a permis de débloquer le frein, ce fut l’action du Saint-Esprit, médiatisé par Pierre dans un premier temps, puis relayé comme nous l’avons entendu par les Apôtres et les Anciens : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé ». Ce verset manifeste clairement deux points : en premier lieu, l’Esprit agit pour affermir une décision communautaire et non pas seulement individuelle et, en deuxième lieu, cette action ne vise pas à détruire, mais à compléter un ensemble de dispositions existant déjà.
Jésus le rappelle avec ses mots dans l’évangile : « L’Esprit vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». Autrement dit, à la suite de Jésus, l’Esprit ne vient pas abolir, mais accomplir. Il « fait comme on a toujours fait », mais il n’en reste pas là, il prolonge ce qui a déjà été fait. Pour prendre un exemple, il ne supprime pas l’élection du peuple juif, il vient en étendre le bénéfice aux païens. Un bénéfice qui s’offre encore à chacun de nous aujourd’hui.
Frères et sœurs, dans telle ou telle situation nouvelle, nous sommes parfois de ceux qui ne veulent pas bouger de la fameuse « zone de confort ». Laquelle devient une « tour d’ivoire ». Certaines de ces tours nous protègent, mais d’autres nous enferment. Face à la nouveauté dérangeante, n’oublions pas de faire appel à l’Esprit-Saint qui nous enseignera tout : il nous apprendra à discerner l’attitude juste en toutes circonstances, à faire comme il convient de faire.
C’est très très beau. Merci beaucoup.
Depuis ma plus tendre enfance, dans ma famille très catholique, l’on m’a parlé de l’Esprit-Saint, mais, selon moi, pas de la « bonne façon ».
J’ai abandonné l’Esprit-Saint, ne sachant finalement qui c’était.
Et puis, faisant face à de très gros problèmes, IL m’a guidé pour que je lui offre une neuvaine. Cela a transformé ma vie. J’ai ressenti une paix intérieure infinie, je découvrais, à 55 ans, l’Esprit-Saint. Je lui parle désormais tous les jours, et je lui demande de poser le voile de sa douceur sur les êtres connus ou inconnus, qui souffrent, comme moi, afin qu’IL apaise leurs cœurs, comme IL l’a fait avec moi, miraculeusement.
Vos mots me touchent particulièrement, car c’est exactement ce que je ressens.
Merci infiniment.