Justice et paix s’embrassent

Le titre de ce billet est tiré d’un verset bien connu d’un psaume : « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent » (Psaume 85,11). Il me semble important d’y ajouter un verset tiré du livre du prophète Isaïe : « Le fruit de la justice sera la paix, et l’effet de la justice repos et sécurité à jamais » (Isaïe 32,17). Tout ceci pour redonner du poids (biblique) à une évidence connue et expérimentée depuis des millénaires : il ne peut y avoir de paix sans justice.

Qui ne souhaite vivre en paix ? Comment ne pas se révolter, avec nos amis israéliens, devant ces roquettes qui, depuis des années, tombent à l’aveugle autour de la bande de Gaza, ou face à ces bombes humaines et attentats suicides, en particulier au cœur de Jérusalem, ville de la paix  ? Comment ne pas se révolter, avec nos amis palestiniens, devant ce mur qui coupe le lien séculaire existant entre Jérusalem et Bethléhem, devant cette colonisation rampante qui n’a jamais connu de véritable arrêt, devant le blocus de Gaza ?  Il  m’est impossible de croire, quoi qu’on m’en dise parfois, que nos amis israéliens, que nos amis palestiniens ne veuillent pas la paix.

Pour moi, certes, elle est don de Dieu, et elle doit donc d’abord être demandée à Dieu par le moyen d’une prière instante et soutenue : la prière œcuménique, qui a rassemblé dimanche dernier dans notre église un très grand nombre de responsables et de fidèles de différentes confessions chrétiennes, à propos de Gaza surtout mais aussi pour la paix en général, en fut un heureux témoignage.

Mais comme le rappelaient les citations bibliques évoquées plus haut, la paix doit absolument s’accompagner de la justice : et la vraie raison pour laquelle elle n’est pas encore là, sur cette Terre Sainte, tous les acteurs devraient le reconnaître, et beaucoup le savent déjà sans aucun doute, est que la justice n’est pas là non plus. Ce n’est pas la guerre qui peut contribuer à la paix, ce ne sont ni les roquettes ni les bombes qui peuvent contribuer à la paix, ce n’est pas le « chacun chez soi » qui peut contribuer à la paix, c’est la justice. Et avant de la demander à l’autre, il faut se demander à soi-même ce que l’on n’a pas fait pour la mettre en œuvre.

Je peux évoquer bien sûr des situations d’injustice, d’un côté comme de l’autre, mais je n’ai pas envie de le faire. Pas seulement parce que je serais partiel et partial, mais surtout parce que, comme je viens de l’écrire, c’est à chacun de faire son examen de conscience. Y compris à ceux qui, comme moi, prennent la plume ou le clavier : sont-ils toujours justes, ne serait-ce que dans leurs propos, écrits ou oraux ? A lire actuellement les journaux, les blogs, les réactions des lecteurs, tous ceux qui évoquent le Moyen-Orient, il est permis d’en douter.

La justice est un long… combat qu’il faut souvent mener d’abord contre soi ! Mais son fruit est la paix avec soi et avec les autres.

P. S. Je parcours ce soir l’édition Internet du journal La Croix, datée du 7 janvier. On y trouve une interview du patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, qui conforte ce que je viens d’écrire plus haut, et ailleurs dans ce blog pour ce qui concerne les leaders politiques.  Je cite :

« Nous savons tous qu’il est possible de vivre en paix. Mais, pour cela, il faut faire advenir la justice, la sécurité pour tous ». Et encore :

« Une issue politique vous paraît-elle possible ?

À condition que les politiciens acceptent de courir le risque de leur propre suicide politique. Là réside le véritable courage politique. »

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