Les États-Unis en point de mire

Cibles de tir pour le kyûdô utilisées lors du festival japonais Hanami à la Maison de la Nature et des Enfants de Darnétal

Combien sont-ils, en un an ou en six mois, à avoir tiré sur leurs pairs aux États-Unis, en particulier dans les campus américains ? Et combien sont-ils à avoir été fauchés ? Peu importe en définitive, même si bien sûr chaque mort compte, même si chaque mort est de trop : ce que je veux dire est qu’il faut s’intéresser aux causes plus qu’aux constats morbides.

Certains ne voient qu’une unique raison à ces carnages, la vente libre d’armes. Il me semble difficile d’être favorable à cette liberté, même si je comprends qu’en tant que telle, comme liberté, nos frères américains puissent y être très attachés, mais je doute que cette seule cause suffise à tout expliquer : dans mon pays de France, les armes circulent au-delà de tout contrôle, et les morts se comptent aussi par dizaines chaque mois. A commencer par ceux du 11 janvier 2015.

Il peut y avoir mille raisons qui poussent ou encouragent les tireurs :

  • Un arbitraire, ce que l’on range souvent sous le nom de « coup de folie ». Dont on se hâtera de dire qu’il a toujours existé, et qu’il est seulement aujourd’hui plus médiatisé.
  • Quelque chose de plus calculé, de plus préparé, par exemple la volonté de se mettre en avant, de faire la une des journaux.
  • Dans le domaine « réfléchi », des raisons religieuses si l’on pense à ce qui vient de se passer lors d’une exposition sur les caricatures de Mahomet, mais cela ne suffit pas : même si, incontestablement, les chrétiens deviennent de plus en plus des cibles du seul fait qu’ils sont chrétiens, il est clair que, lors de tirs à l’aveugle dans un campus ou pendant un marathon, les chrétiens ne sont pas spécifiquement visés.

Faut-il donc en rester à ce flou, accepter cette diversité sans trouver de liens entre les différents acteurs ? Peut-être est-ce sage. Mais quand même, n’existe-t-il pas un « mal-être » général et grandissant, que ne ressentent d’ailleurs pas seulement les tireurs, mais qu’ils expriment eux en tirant ? Notre monde bouge, en profondeur : les équilibres économiques, géographiques, technologiques, humains, qui étaient devenus traditionnels, sont modifiés et nul ne sait « où tout cela va nous mener », pour reprendre une expression populaire. Les sautes de violence, qui ont certes toujours existé, mais elles semblent pourtant de plus en plus nombreuses et difficiles à maîtriser.

A bien des égards, notre monde d’aujourd’hui m’évoque celui du XIIIe siècle, tel que le rapportent les historiens et les acteurs de l’époque : c’est le monde où est né et où a vécu saint Dominique, avec ses misères et ses grandeurs, ses croisades et l’essor des villes, ses pécheurs et ses saints, témoins d’un monde qui s’en va et d’un autre qui naît. Dans la douleur !

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