La place qu’on laisse et celle que l’on trouve

Comme prêtre-référent d’un collège montpelliérain, il m’a été demandé à l’occasion du décès d’un enseignant de commenter un passage d’évangile : Jn 14,1-6. Ce passage évoque le vide que Jésus laisse à ses disciples pour aller prendre sa place auprès de son Père du ciel.

Le propos de Jésus que nous venons d’entendre peut nous choquer : « Que votre cœur ne se trouble pas ! » Mais comment, lors du décès d’un proche, et plus encore d’un ami, ne pas être troublé ? L’émotion des disciples de Jésus, très attachés depuis des années à celui qui leur annonce son départ, paraît tout à fait légitime. Comme la nôtre aujourd’hui avec le départ de M. X. D’autant plus que, si l’on sait la place qu’un ami ou un proche laisse, nul ne sait vraiment celle qu’il trouve.

C’est vrai, et l’émotion est donc légitime. Mais à bien écouter, la remarque de Jésus n’est pas un reproche, mais plutôt une invitation : à dépasser la stupeur, la peine, l’incompréhension, pour ouvrir son cœur à une réalité plus haute. Toute demeure terrestre, disons-le autrement toute vie sur terre, nous le savons bien, aussi riche, belle, exemplaire qu’elle soit, n’est que temporaire. « Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père » fait observer Jésus ; ce que je complèterais volontiers par une phrase de saint Paul dans la lettre aux Philippiens : « Notre cité est dans les cieux ».

C’est donc vers les cieux que nous sommes sans cesse invités, avec les disciples, à regarder. Non pour fuir la vie qui nous est offerte, mais pour savoir quelle est notre véritable vie, celle vers laquelle nous allons. Les alpinistes doivent toujours regarder où ils mettent les pieds, mais ils doivent aussi fixer le but pour s’assurer que le chemin qu’ils prennent va bien les conduire vers le but espéré.

Pour un chrétien, le but est clair, c’est la vie en Dieu. Et le chemin ne l’est pas moins, c’est la suite de Jésus. Dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous indique aussi le moyen d’atteindre ce but et de rester sur le bon chemin : vivre en vérité, vivre dans la vérité. Ils sont nombreux ceux qui sont sur ce chemin-là, et nombreuses les demeures qui les accueillent ou les accueilleront dans le ciel. N’en restons pas à la tristesse qui nous étreint en regardant la place laissée par M. X, pensons à celle qu’il a trouvée.

Une réponse à “La place qu’on laisse et celle que l’on trouve”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.