De la tentation au Mal : en appeler à l’Esprit-Saint

Comment nommer le Mal ? Satan, diront sans doute bien des lecteurs de la Bible. Pour ma part, je suis sceptique, comme je m’en suis longuement déjà expliqué sur ce blog : dans le livre de la Genèse, le serpent « tente » Adam et Eve, mais il n’est pas le Mal ; dans le début du livre de Job, Satan est envoyé par Dieu pour « tenter » Job, mais il fait partie de la cour divine, ce que l’on imagine difficilement du Mal ; au début de sa vie publique, Jésus est confronté à trois grandes « tentations », mais le Mal ne semble pas à l’œuvre, Luc parle du « diable », celui qui « fait obstacle » et qui ressemble très fort au tentateur de la Genèse.

Être confronté à la tentation est une chose fréquente, et je dirais volontiers positive au sens où elle « éprouve » celui qui y est soumis, mais le Mal consiste à accueillir et mettre en œuvre la tentation : et ce n’est pas le fait du tentateur, mais bien d’une force qui habite en chacun de nous. Saint Paul, comme le savent bien ses commentateurs, évoque très peu les péchés, mais il fait largement mention du Péché : voir par exemple le chapitre 7 de la lettre aux Romains, extrêmement éloquent sur ce point. Pour moi, cette force, que je vais me garder de situer dans son origine comme on le fait trop vite et trop souvent, est bien le Mal.

J’y ai toujours vu une sorte de vide, « d’absence de bien ». Un jésuite connu il y a près de cinquante ans me dit un jour : « l’homme ne peut affronter le mal en face, car son propre péché rencontre le Péché et se trouve séduit par lui. Seul Jésus, qui est sans péché, peut le faire, et le fait au début de sa vie publique. Comme dans nos vies ».

Aujourd’hui, ce qui m’effraie dans les nouvelles mondialisées qui me parviennent chaque jour, c’est que le Mal n’est même pas précédé par la tentation : il se donne libre cours et se déploie à grande échelle, dans des massacres épouvantables. et répétés. Il semble que les consciences soient annihilées.

Sans doute peut-on, doit-on tenter de les réveiller à tous les niveaux et en toutes circonstances auprès de ceux qui nous sont proches ou avec lesquels nous avons contact, mais, en vérité, je ne vois guère que l’Esprit-Saint pour le faire avec le poids et l’universalité nécessaires : lui seul peut venir occuper le vide dont je parlais plus haut, et le remplir de bien. N’est-il pas urgent de l’invoquer sans cesse ?

« Viens, Esprit-Saint, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière » (début du Veni Sancte Spiritus).

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