Assomption de Marie

Frères et sœurs, peut-être le pressentez-vous : l’assomption de Marie que nous fêtons aujourd’hui est le pendant de l’Ascension de Jésus. Mais autant l’Ascension peut paraître légitime puisqu’aucun péché ne retenait Jésus à la terre, autant certains s’interrogeront sur le privilège identique qui touche Marie. Certes, elle n’avait pas elle non plus de péché pour la retenir sur notre terre, mais ne suffisait-il pas qu’elle ait été choisie comme mère du Sauveur pour son bonheur et le nôtre ? Que lui apporte à elle et que nous apporte à nous son Assomption ?

Il nous faut nous arrêter un moment sur cette absence de péché qui a de quoi nous rendre un peu jaloux ! Il s’explique facilement. Supposez que, comme il en est d’ailleurs question dans un passage d’évangile, vous découvriez ou achetiez une perle de grand prix, ne chercherez-vous pas le plus bel écrin possible pour la mettre en valeur ? Ou le plus beau cadre s’il s’agit d’une peinture ? Eh ! bien Dieu a voulu le plus bel écrin possible, sans aucune tâche, pour accueillir son fils Jésus ! Marie a elle aussi été préservée du péché originel, et par la suite du péché tout court : elle est sortie du monde aussi pure qu’elle y est entrée. La fête de l’Immaculée Conception est pour les catholiques inséparable de celle de l’Assomption.

Ce sont là deux privilèges que Dieu a accordés à Marie. Non pas tant pour exalter Marie que pour exalter Jésus : tout le mystère de Marie est ainsi à rapporter au mystère de Jésus. C’est lui qui est ressuscité, c’est lui qui ouvre la voie, et c’est lui que suit Marie dans l’élan de son oui initial.

Alors, peut-être allez-vous penser que cela ne concerne que Marie et non pas chacun d’entre nous. Il n’en est rien ! S’il est vrai que nous n’avons pas bénéficié de privilèges particuliers nous permettant d’échapper au péché et à ses conséquences, il reste que tous nos oui au Seigneur, quelles que soient les circonstances, quelle que soit leur importance, nous préparent une montée plus rapide vers le ciel. Marie nous donne l’exemple et le moyen de monter au ciel rejoindre Jésus.

L’Assomption de Marie m’a toujours fait penser à ce que je vois des cerfs-volants (on en voit de moins en moins hélas !) sur nos plages. Ils partent tous de la même terre, ils sont tous faits pour s’élever vers le ciel, mais certains, plus légers, tirant un meilleur parti de la moindre parcelle de vent, montent plus vite. Il en va ainsi de nos vies, quand elles sont allégées du poids de nos péchés et soumises au vent de l’Esprit. La question est la suivante : voulons-nous nous traîner sur la terre, à la manière des albatros lourds et patauds chers au poète Baudelaire, ou bien monter d’un bel élan vers le ciel, dans le sillage de la Vierge Marie ?

P. S. Il y a deux ans tout juste, je prêchais déjà pour l’Assomption. Et je découvre, après avoir prononcé la prédication ci-dessus, qu’elle ressemble fort à celle d’il y a deux ans, sans que j’ai choisi volontairement de m’en inspirer. Continuité…

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