Le pilote n’est pas dans l’avion, mais dans les cœurs

Où va notre monde, qui le pilote ? Voilà une question que chacun de nous se pose un jour ou l’autre, et souvent plusieurs fois dans sa vie. Il existe de multiples et bonnes raisons de se la poser aujourd’hui.

En premier lieu, il y a la pandémie et sa longue traîne : on espère sans cesse qu’elle va finir, que « tout va reprendre comme avant », ou plutôt « différemment et en mieux », mais les statistiques hospitalières fluctuent sans cesse, avec des rechutes désespérantes. Parlons-en de ces statistiques, qui meublent les colonnes de nos journaux depuis près de deux ans : elles contribuent largement à alimenter la morosité ambiante, et à générer des effets morbides de replis. Et nul ne sait en prédire la suite, moins encore la fin.

Alors s’avance la politique. A l’approche des élections de 2022, voilà que se multiplient les sorciers ou les bonimenteurs qui prétendent avoir la solution à tous les problèmes. Les candidats se déclarent, ou bien on les lance sur le marché, tel M. Zemmour, avec des campagnes de presse qui ne sont pas sans rappeler celles qui ont promu aux dernières élections notre président actuel : qui peut contester qu’il fut l’élu des médias plus que celui des urnes ? Non, je ne vois décidément aucun pilote parmi tous ces magiciens déclarés ou potentiels !

Alors, faut-il dérouler le tapis rouge à un pilote comme M. Zuckerberg ? Avec Facebook, devenu tout récemment Meta, il propose de fait des orientations, des lignes directrices, et il dispose en outre des moyens financiers pour cette course à moyen ou long terme. Mais son programme n’est-il autre chose qu’un 1984 amélioré, plus performant, et plus dangereux encore pour les libertés individuelles ? De mon point de vue, M. Zuckerberg devrait proposer ses services à la Chine où le programme de contrôle des individus semble déjà bien avancé.

Les pilotes et la piste

Où donc trouver ce pilote ? Ah ! c’est vrai, il pourrait ou devrait y avoir l’Eglise catholique. Mais peut-elle encore jouer ce rôle de pilote avec la grave crise institutionnelle qu’elle traverse ? Qui va accepter encore de l’entendre, tant les révélations de ces derniers années sur les turpitudes de plusieurs de ses membres lui a fait quitter aux yeux de beaucoup le ciel pour les bas-fonds de l’enfer ?

Je suis membre ordonné et obstiné de cette Eglise, fort conscient de cette descente, mais aussi des grâces que cette Eglise continue de véhiculer. Si je la vois sérieusement touchée en sa dimension institutionnelle, elle ne l’est pas dans le programme sur lequel elle s’appuie depuis vingt et un siècles, à savoir la parole de Dieu, et moins encore, s’il est possible de parler ainsi, dans l’Esprit qui l’anime. Le voilà le vrai pilote, l’Esprit qui n’est pas dans quelque avion que ce soit, mais dans le cœur des croyants, comme aussi des femmes et des hommes de bien qui souffrent avec ou pour leurs frères en humanité ! Ne pas voir clairement son action, toute de finesse et de patience, ne signifie en rien qu’il ait déserté notre terre : il est là et nous ne lui donnons pas la place qui lui revient.

« Viens Esprit-Saint, sois le pilote de nos vies en envoyant du haut du ciel un rayon de ta lumière ».

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