Emprise et troubles dissociatifs de l’identité

Maïlé Onfray

Comme on voudrait que la vidéo publiée fin juin, et ici présentée, n’ait jamais pu exister, que la narratrice n’ait jamais connu l’emprise et les horreurs qu’elle charrie ! Tel n’est pas le cas. Dans une longue et douloureuse interview, dans laquelle on la voit se tordre les mains et la bouche tant elle souffre à la mémoire de ce qu’elle a subi, Maïlé Onfray s’exprime sur ce qu’elle a vécu au sein d’une communauté issue du Renouveau Charismatique et reconnue par l’Eglise catholique. Elle y est née, y a passé son enfance et son adolescence, y a vécu avec ses parents, frères et sœur.

Chosifiée, je ne trouve pas d’autre mot, totalement sous une emprise dont les mécanismes sont aujourd’hui de mieux en mieux connus, elle a tout vécu des oppressions psychologiques, physiques, sexuelles, mentales initiées en particulier par le couple de gourous fondateurs (1). Pour faire face, son cerveau a mis en place des manifestations appelées « troubles dissociatifs de l’identité » (TDI), qui la marquent encore aujourd’hui.

Sur son blog consacré à ces manifestations, Maïlé dit combien cette mise au jour lui a coûté, combien aussi hélas ! elle est déçue et s’interroge sur la capacité des autorités civiles ou ecclésiastiques à l’écouter. Mais, nous explique-t-elle, elle devait ce témoignage à son frère aîné, lui aussi membre de la secte, et qui s’est suicidé.

En 2015, cette communauté/secte a été dissoute par l’autorité ecclésiastique : il était plus que temps !

(1) Le propos qui m’interroge, comme il a sans doute posé question aux policiers qui ont recueilli le témoignage de Maïlé sans lui donner de suite, reste celui concernant « la cage et les dobermans ». Il assimile le gourou à un expérimentateur nazi, et comment ne pas se demander, sans remettre du tout en cause l’ensemble du témoignage, s’il n’est pas sorti de quelque mémoire fantasmée. Bien sûr, je n’ai pas de réponse.

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