Le courant et la rive

« Bonjour, es-tu au courant ? » Qui d’entre nous n’a jamais entendu cette question, ou ne l’a jamais posée ? Parce qu’il est si important de nos jours d’être au courant. De quel type au fait ? Electrique sans doute : la question invite donc à passer du courant alternatif au courant continu.

Le courant de la vie
Le courant de la vie (Banias, Galilée)

Pour ma part, je n’aime pas penser qu’il y ait « de l’électricité dans l’air » et préfère imaginer que l’on me parle du courant du fleuve, celui de la vie. Ce courant, nous sommes invités à le prendre dès la naissance et surtout à nous y maintenir tout au long de notre vie parce qu’il nous porte et nous conduit. Où ? Bien malin celui qui peut répondre à tout moment à cette question. Bien malin surtout celui qui saura s’y maintenir, car cela ne va pas sans difficultés : le handicap, la maladie, l’impétuosité du fleuve, les soucis professionnels ou familiaux, toutes sortes d’écueils viennent souvent perturber ce qui n’a plus rien d’une descente au fil de l’eau.

En fait, il faut bien le reconnaître, à un moment ou un autre, chacun de nous rame !. Plus ou moins bien, plus ou moins vite. Et voilà que nous nous éloignons du courant principal, de l’information qu’il ne fallait pas manquer, de l’opportunité qui ne se reproduira plus. De multiples canaux d’informations, officiels ou personnels, sont donc conviés pour nous remettre « à flots », avec plus ou moins de réussite : « au fait, es-tu au courant ? »

Que se passe-t-il quand nous ne sommes pas au courant ? Nous sommes poussés vers la rive. Je pense à tous mes amis que le handicap de leur enfant met souvent à l’écart d’une société qui n’est pas vraiment inclusive, à ces enfants ou aux parents eux-mêmes, ou, parce que je l’éprouve de plus en plus personnellement, aux caprices ou infirmités de l’âge, qui isolent peu à peu.

Mais la rive n’est pas la sortie, est-ce un drame de s’y retrouver ? Si cela se vit dans une grande solitude, incontestablement, et c’est le cas de milliers de personnes. Et ceux qui sont « dans le courant » ne leur font hélas qu’un rapide bonjour, si au moins ils tournent vers eux leurs regards. Ils n’ont souvent volens nolens pas le temps de s’attarder. Le courant les entraîne !

Avec la présence de nombreux « rapides », le nombre de « ceux de la rive » ne cesse d’augmenter. Au lieu de se lamenter au sujet de tout ce qui est désormais loin et perdu, n’est-ce pas le moment pour eux d’organiser leur vie autrement, de prendre un peu de repos, de découvrir la rive, et sur elle tous ceux dont ils partagent la condition ? Et s’ils sont disciples du Christ, de se poser en vue du but qu’ils veulent atteindre, et de donner enfin tout le temps nécessaire à la prière ?

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