Frères et sœurs, recevons-nous de Dieu ce que nous lui demandons ? Si je vous pose la question, sachez que je me la pose aussi à moi. Jésus est d’ailleurs plutôt vague dans l’assurance qu’il donne : le Père donnera « de bonnes choses ». Ce qui conduit d’ailleurs souvent à conclure que Dieu donne sous un mode et à un moment que nous n’imaginions pas.
Cette réponse, qui sauve la vérité de la parole de Dieu, est juste, mais elle omet de nous tourner du côté du demandeur : quel concours a-t-il apporté, a-t-il fait la bonne demande, a-t-il insisté autant que cette veuve de l’évangile de Luc qui se tourne vers le juge pour obtenir justice ? Rappelons-nous d’ailleurs ce qu’en dit alors l’évangéliste : « il fallait prier sans cesse sans se décourager ».
La vérité, frères et sœurs, est que, face à nos demandes, il faut d’abord qu’elles soient justes, insistantes, mais il faut aussi reconnaître qu’elles ne sont pas toujours simples à satisfaire, même pour Dieu : pensez par exemple à la demande de paix en Ukraine ou dans d’autres pays. Bien sûr, il y a urgence, mais les intervenants sont si nombreux qu’on peut être Dieu et avoir du mal à mettre en place la réponse. Surtout qu’il lui faut le concours des hommes.

Une phrase de saint Paul dans sa lettre aux Galates ne cesse de résonner à mes oreilles : « quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils… » Ce Messie n’était-il pas attendu avec impatience ? Et voici que Dieu comble au moment qu’il juge opportun et de manière plénière cette attente par la médiation de son Fils. Mais il n’a pu le faire qu’avec le concours de Marie.
Ce temps du Carême est donc celui de la confiance et de l’espérance : toutes deux sont mises à l’épreuve. N’y manquons pas, Dieu a besoin de notre concours. À la suite d’Esther, faisons du Seigneur notre refuge ultime, offrons-nous à lui de toutes nos forces, et soyons sûrs qu’il répondra à nos demandes.