Jean Vanier, ombres et lumière

Hier, avec toute ma communauté religieuse, j’apprenais avec consternation et tristesse que Jean Vanier, le « héros » de tous ceux qui portent une attention particulière aux enfants handicapés, était toujours resté dans les ornières creusées par son père spirituel, le frère Thomas Philippe, et en avait épousé les failles…

Je l’ai écrit ailleurs, je connais quelque peu au bout de plus de quarante années de vie religieuse dans de multiples contextes, les faiblesses humaines, et plus encore les fragilités que génèrent nos péchés. Et je souffre comme tout un chacun des miennes.

Mais je souffre plus encore du fait que ces péchés atteignent trop souvent d’autres personnes fragiles, et en mutilent psychologiquement, socialement, humainement certaines. Pour elles, faire état de leur trouble, de leur désorientation, surtout s’il s’agit de mettre en cause une figure idéalisée comme celle de Jean Vanier, représente un dépassement difficile et toujours douloureux : il leur a fallu bien du temps et du courage pour s’y résoudre. Je pense à elles !

Pour ce qui concerne Jean Vanier lui-même, ou d’autres sous le même rapport, je suis triste. Pour ses écarts certes, dont je viens de souligner les effets dévastateurs, mais je suis aussi accablé de devoir reconnaître qu’il a menti depuis les années 50, avec une constance incroyable, sur ses rapports avec le frère Thomas comme sur ses propres agissements.

Comme tout être humain, Jean Vanier avait une face lumineuse, bienfaisante, connue, telle que l’illustre la photo ci-jointe de son échange de regards avec Marie Noël, porteuse de trisomie 21. Mais il avait aussi une face sombre, celle qui se révèle aujourd’hui, et dont nous ne savons peut-être pas encore tout à l’heure où j’écris. Il est impossible maintenant de l’effacer du personnage, mais qu’il soit permis de rendre grâce pour la face lumineuse, pour l’Arche et Foi et lumière qu’il a fondées.

Une réponse à “Jean Vanier, ombres et lumière”

  1. Bonjour Hervé,
    On ne peut qu’appuyer votre appel à ne pas oublier la face lumineuse de Jean Vanier. Sans réserve.
    Peut-être pourrions-nous aussi nous rappeler la face lumineuse du père Ernesto Cardenal qui a rejoint la maison du père il y a peu. Agissant en pleine lumière, il fut durement (injustement ?) sanctionné.
    Bien fraternellement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.