Textes : Ac 13, 14.43-52 ; Ap 7, 9.14b-17 ; Jn 10, 27-30
Frères et sœurs, la lecture des Actes des Apôtres nous a rappelé, ce que nous savions sans doute, que la persécution des chrétiens est née dès que l’évangile a commencé à être prêché. Cet évangile dérange s’il est vraiment entendu et mis en œuvre. Paul, Barnabé, et des millions d’autres disciples depuis le début de l’histoire chrétienne, en ont fait l’expérience.
L’originalité du propos de Luc est dans cet aveu que Paul et Barnabé ont vécu cette persécution avec joie. Ce qui n’est sans doute pas le cas de tous ceux qui en pâtissent. Il ne faut voir toutefois aucun masochisme dans l’attitude des premiers disciples. Ils ont été associés à la croix de Jésus, sans l’avoir vraiment cherchée. Ils ont pleinement répondu à l’appel de Jésus : « Toi, suis-moi ! »
La persécution des chrétiens d’aujourd’hui est-elle fondamentalement moindre ? Tout dépend bien sûr des pays que l’on considère. Le 1er janvier dernier, une organisation protestante de confiance, appelée « Portes ouvertes », faisait état de 380 millions de chrétiens souffrant de persécution dans le monde, en 78 pays. Sur un milliard et demi de chrétiens, cela fait quand même une réalité qui compte et que, trop souvent, nous oublions dans nos pays dits « occidentaux ».
Pas plus tard que jeudi dernier, nous faisions mémoire de notre frère évêque d’Oran, Pierre Claverie, et de 18 compagnons assassinés comme lui en Algérie pour leur foi ! Redisons-le donc : les chrétiens qui veulent vivre leur foi avec fermeté, audace et en plein jour s’exposeront toujours à la persécution, sous des modalités diverses. Ils sont en effet dans le monde sans être du monde.
Alors, faute de persécution, allons-nous penser que nous ne connaîtrons pas une joie aussi forte que celle des premiers disciples ? Il n’en est rien ! Parce qu’il existe plusieurs formes de joie. Par exemple celle d’être dans les mains de Jésus et de son Père, comme l’évoque l’évangile de ce jour. Avoir de tels guides, une telle assistance pour nos vies, dans le bonheur comme dans le malheur, constitue un soutien et une joie profondément enviables.
Cette joie-là est à notre portée, elle est communicative et nous ne devons pas cesser d’en témoigner. Comme n’ont jamais manqué de le faire les disciples de Jésus depuis la première Pâque.