Retour aux sources

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Depuis des années, les (bons) commentateurs d’un texte, quel qu’il soit, invitent à opérer un retour aux sources, afin de mieux contextualiser et mieux comprendre sa genèse. Tant il est vrai que les conditions changeant, sa signification initiale peut être perdue, ou plus souvent détournée.

Ce qui frappe le lecteur que je suis dans nombre de billets en ligne, et plus encore dans les courriers des lecteurs, c’est que ce retour aux sources, toujours contraignant et parfois difficile à opérer, se pratique très peu : on commente un texte que l’on n’a jamais lu, mais dont Untel a dit quelque chose que l’on va reprendre ; on publie une photo qui n’a qu’un lointain rapport, et souvent aucun rapport, avec une situation, un événement que l’on veut mettre en lumière ou dénoncer.

Nos amis journalistes, et j’en ai quelques-uns, font du mieux qu’ils peuvent leur travail. Leur rédaction les aide éventuellement, ainsi que les lecteurs à venir, en procédant à un décryptage, autrement dit une lecture en profondeur, à la recherche de ces fameuses sources. Pour mieux dénoncer les « fake news« . Mais il se trouve aussi hélas ! des rédactions et des journalistes qui se contentent de reprendre une dépêche de la toute puissante AFP, de copier l’article d’un confrère, et surtout des lecteurs qui commentent sans aucune connaissance du sujet traité, et moins encore des sources et des enjeux. Derrière tout cela, on devine un déficit d’écoute et de lecture, deux exigences que les technologies actuelles ne favorisent pas. Du coup, l’émotion et non plus la raison se donnent libre cours, information et communication sont laminées par l’exigence d’immédiateté.

Ai-je besoin de donner des exemples ? J’en propose souvent en ligne, sur ma page FB ou sur ce blog. Et tout récemment à propos des discours du pape, réduits à une ou deux phrases hors contexte et caricaturés, ou bien sur le rapport de la Ciase, ou encore sur la tribune de quelques membres de « l’Académie catholique de France » (voir l’article sur le Rififi), etc. Je pourrais en citer bien d’autres, par exemple sur la question des migrants où l’on aurait intérêt à jeter un œil sur le rapport tout récent de l’OCDE qui ne va pas vraiment dans le sens du vent d’exclusion dominant. Je l’avoue, devant toutes ces opinions trop rapides et mal fondées j’ai eu souvent la flemme de réagir.

Cette flemme provient en partie de la « surinformation », d’une fatigue à répéter souvent les mêmes choses. Je vais quand même le redire une fois encore : « avant de réagir sur une question, prenez de la distance, donnez-vous du temps, priez peut-être si ce principe vous inspire. Mais surtout, surtout, efforcez-vous de revenir aux sources ».

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