Trois raisons de faire mémoire de Gaspard Clermont

Demain, 1er février 2023, à 18 h 15, autrement dit à l’heure des premières vêpres de la Présentation de Jésus au temple, nous ferons mémoire du départ de Gaspard Clermont pour le ciel en 2017 : 6 ans déjà. Date sans doute redoutable et douloureuse pour ses parents, Marie-Axelle et Benoît, son frère, ses deux sœurs, et pour tous ceux qui ont connu ou connaissent la famille.

Mais pour eux j’espère, en tout cas pour tous ceux qui, comme moi, ont connu Gaspard, fût-ce brièvement, la tristesse se conjugue avec une forme de sérénité (1) : nul doute qu’une vie si brève, et pourtant si pleine, ait laissé la place à une présence aimante au ciel, auprès de Jésus qu’il a rejoint. La date du décès, dont Marie-Axelle m’avait dit qu’elle souhaitait que ce soit une fête liturgique, en témoigne : je n’y ai jamais vu aucun hasard.

Gaspard Clermont
Gaspard, Marie-Axelle et moi

Voilà déjà une première raison de célébrer cette mémoire. Pour moi, il en existe une deuxième, qui me dépasse et dont d’autres pourraient sans doute témoigner : la profondeur de son regard. Pas seulement celui qui a été diffusé en ligne, et que je vous propose ici, mais ce regard pénétrant dont j’ai parlé hier encore sur mon blog. En me penchant sur lui ce jeudi 22 décembre 2016, j’ai croisé ce regard, alors qu’on m’avait assuré que Gaspard était aveugle. Et pourtant, j’en suis ressorti convaincu qu’il m’avait vu, et pas seulement dans mon apparence, mais en profondeur. Au risque de surprendre, voire de choquer, j’ai toujours pensé que ce regard était celui de Jésus même, et je n’ai jamais pu l’oublier !

Il existe une troisième raison, plus « théologique ». Dans un monde dur, où toutes sortes de violences sont présentes (guerre, haine, abandons, paroles blessantes etc.), la faiblesse de Gaspard, qui a pourtant entraîné derrière lui tant d’amis et généré tant d’amour, en particulier de réconciliations familiales et/ou avec Jésus, fut et reste exemplaire : c’est celle de Jésus même, comme je l’avais évoquée dans ma prédication du 25 décembre 2016 dont l’écho en ligne fut extraordinaire. Ce n’est pas un hasard mais bien une conséquence si, depuis notre rencontre, j’ai pris de multiples contacts avec des familles d’enfants handicapés, en particulier avec la trisomie 21, et me suis rapproché des communautés de l’Arche de Jean Vanier (NDLR : je sais et suis triste des errements de ce dernier, mais salue son œuvre).

6 ans après son décès, Gaspard a décidément toutes les raisons de rester mon intercesseur privilégié auprès de la Trinité sainte (2). C’est pourquoi, autant que je le peux, je profite de mes séjours à Paris pour me rendre sur sa tombe à Rueil : nous prenons alors un temps pour nous parler !

(1) D’ailleurs, comme je le fais depuis six ans, je vais me repasser en boucle la magnifique chanson de Jean-Jacques Goldmann, « Puisque tu pars« , dans son interprétation originelle.

(2) J’avoue regretter infiniment que l’Eglise catholique ne dispose pas d’une procédure « canonisant » les enfants tels que Gaspard, handicapés ou non, dont il est évident que le péché ne les a pas touchés. Pas même le péché originel, qui est à mes yeux une désorientation du monde à laquelle ils n’ont en rien participé. Si une telle forme de canonisation existait, bien des parents chrétiens et leurs familles en seraient reconnaissants.

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