L’application à la vie
Quand elle est donnée et reçue, la vie, comme l’air, se « vit », et c’est très bien ainsi. S’interroger sur son origine, sur ce que l’on peut et doit attendre d’elle, peut sembler non seulement difficile mais superflu : prenons-la comme elle vient, dira-t-on. Encore que l’opinion évolue beaucoup en ce moment dans le cadre des débats sur la fin de vie et l’euthanasie.
A priori, et nul ne s’en offusquera, la volonté contemporaine vise à en éloigner les aléas. Mais ce « progrès » en est-il un ? Il se traduit souvent par de nombreuses dérives, tant du côté des enfants à naître, nés ou devenus handicapés, que des personnes âgées. Je prends l’exemple du handicap. Fréquentant de nombreuses familles ayant accueilli des enfants handicapés, en particulier porteurs de trisomie 21, je sais combien elles ont été choquées et ont dû lutter par exemple lorsqu’on leur a proposé le fameux Diagnostic Préimplatatoire (DPI), qui a fait un temps l’actualité à l’assemblée nationale. Destiné à détecter, sans taux de réussite à 100%, d’éventuelles malformations de l’embryon, il est devenu la cause de nombreuses interruptions médicales de grossesse, les IMG.
Bien sûr, je sais combien l’accueil d’enfants handicapés est lourd et cause de nombreuses souffrances pour l’enfant comme pour les aidants, mais il n’empêche que l’on frôle l’eugénisme ! Je ne vais pas m’appesantir sur cette question très délicate. Elle dit aussi quelque chose de la vision anthropologique. On pourra en reparler si vous le voulez lors des questions.
La question posée en filigrane est la suivante : qu’est-ce qui fait la dignité et plus profondément la valeur d’une vie ? L’homme en est-il le meilleur juge ? Trop souvent, la qualité d’une vie humaine s’estime en fonction des réalisations qui peuvent l’accompagner, autrement dit de critères externes mesurables, chiffrables et chiffrés, et qui sont censés permettre de mesurer ce que l’on appelle « progrès ». Voilà la dérive !
J’en viens, trop rapidement, à la présentation de la vision anthropologique biblique. A travers de la thématique de l’homme nouveau.